Géocaching, psychologie et biais cognitifs

Connaissez-vous les biais cognitifs ? C’est un pan absolument passionnant de la psychologie. Pour faire très simple, un biais cognitif est une distorsion entre des informations reçues par notre cerveau et la conclusion qui en découle. Le tout, bien sûr, à notre insu. Si ça vous semble un peu obscur, dit comme cela, je vous propose d’en voir quelques-uns appliqués à notre pratique du géocaching. Vous allez voir, c’est plutôt amusant et intéressant. Pourquoi reste-t-on longtemps à chercher une cache ? Pourquoi votre bricolage est-il le meilleur ? Pourquoi vous remarquez immanquablement une plaque d’immatriculation qui comporte « GC », etc. Venez découvrir quelques-uns des pièges que vous tend votre cerveau.

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Ryan McGuire – Les biais cognitifs vont influencer la façon dont nous voyons les choses.

Tout d’abord, laissez-moi vous dire qu’en écrivant cet article, j’ai souffert, encore plus que d’habitude, du syndrome de l’imposteur. Ce n’est pas vraiment un biais cognitif, mais c’est un c’est un terme un peu fourre-tout pour désigner, entre autres, que l’on a l’impression de ne pas avoir la légitimité de faire ce que l’on fait. Donc ici, le syndrome de l’imposteur me fait dire, comme à chaque article, que je n’ai pas la légitimité de parler de géocaching et ici, encore moins de parler de psychologie. Je vais donc ajouter un avertissement : je n’ai pas de formation en psychologie et il faudra donc prendre tous mes écrits avec du recul. De plus, la psychologie est une science humaine soumise à débat. On trouve par exemple des biais cognitifs diamétralement opposés. Ici le but de cet article est donc avant tout récréatif, mais avec un fond d’informations validées.

J’ai illustré tout cet article avec les photos de Ryan McGuire, histoire d’apporter un peu d’humour à ce texte. Toutes sont libres de droits. N’hésitez pas à aller visiter son site !

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Ryan McGuire – Moi, quand j’écris un nouvel article pour le blog

Avant d’aborder quelques exemples, revoyons ce que sont les biais cognitifs. Les biais cognitifs sont une source d’erreur d’interprétations des informations. Le cerveau va faire des raccourcis en sélectionnant ou modifiant les informations qu’il va utiliser ou en simplifiant/biaisant le raisonnement, et donc les actes. Prenons un exemple simple avec le biais de conformisme. Si vous allez à un Méga, le biais de conformisme vous fera agir de façon globalement similaire au reste du groupe, et ceci même si vous êtes persuadé d’être complètement maître de toutes vos décisions et de faire vos propres choix en toutes choses. Donc mauvaise nouvelle pour vous, ce n’est pas le cas (mais je sais que vous êtes persuadé que cela ne s’applique pas à vous 😉 )! Mais c’est bonne nouvelle pour l’ensemble des participants et donc pour notre vie en commun « d’animaux sociaux », car si ces biais existent, c’est qu’ils ont une raison d’être. Ici, le biais de conformisme permet au groupe d’avoir une certaine « fluidité ». Et donc dans le cas de 500 personnes présentent à un évent, heureusement que chacun n’agit pas en élection libre. Cela va aussi se rencontrer, par exemple, sur l’attribution de point de favoris sur certaines caches : vous aurez plus tendance à en mettre un, s’il y en a déjà beaucoup. La cache la plus favorisée du monde en est un bel exemple !

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Ryan McGuire – Si tout le monde porte une cravate à ce Méga, il y a des chances que vous suiviez le mouvement.

Ainsi, les biais cognitifs sont au départ une programmation de notre cerveau pour faire des choix rapides, vivre en groupe ou pour conforter des décisions. Et la capacité de choisir rapidement et de ne pas tergiverser trop longtemps fut/est une capacité vitale quand la survie en dépend. Prenons un exemple plus léger que le choix influant notre survie face à des conditions hostiles : Lors d’un évent, la team organisatrice sort deux géocoins dans deux teintes différentes, mais les stocks étant très limités (tout comme votre budget) vous ne pouvez en choisir qu’un. Techniquement ce sont les mêmes, et il n’y a aucune raison de choisir l’un plus que l’autre. Simplement pour le premier, il en reste 20 en stock, et pour le second il en reste 2. Vous allez très certainement prendre le modèle où il en reste 2 (grâce au biais de conformisme, car si la majorité à pris celui-ci, il doit être meilleur et du fait de l’effet de rareté). Une fois que vous l’avez choisi, vous trouvez que vous avez fait le bon choix via le biais de choix clôturé qui vous fera voir les côtés positifs de votre choix pour en gommer les côtés négatifs. Ce biais permet de conforter le choix et de ne pas avoir tendance à faire marche arrière. On gagne ainsi du temps et de l’énergie. Mais oui, rassurez-vous, vous avez pris le plus beau des 2 géocoins identiques :p Voyons quelques autres biais !

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Ryan McGuire – Les biais cognitifs font partie intégrante de notre machinerie cérébrale


 

Vous venez de découvrir le géocaching et vous avez trouvé 10 caches !!! Eh oui, 10 !!! Carrément !!! Maintenant, on ne vous la fait plus à vous ! Franchement il n’y avait pas de quoi en faire tout un plat et en remplir des blogs, des forums et des chaines YouTube. Les géocacheurs, soi-disant expérimentés, et les caches les plus cotées n’ont qu’a bien se tenir, vous allez leur en remontrer à tous ! Voilà, vous venez de trouver votre 100e cache et vous vous rendez compte que vous avez encore tout à apprendre ! Les résolutions de mysteries vous donnent mal à la tête, les T5 vous narguent de loin, les logiciels type GSAK ou c:geo vous donnent des boutons, et il y a encore bien des codes que vous savez ne pas posséder.  Et si vous étiez victime de l’effet Dunning-Kruger ?

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Ryan McGuire – Avant et après l’effet Dunning-Kruger

L’effet Dunning-Kruger, ou effet de surconfiance, est un biais cognitif qui se traduit par le fait que les moins qualifiés dans un domaine sont ceux qui surestiment le plus leurs compétences. De plus, ceux-ci ne sont pas à même de reconnaître cette incompétence ni la compétence de ceux qui la possèdent vraiment. Une phrase de Darwin résume d’ailleurs très bien cet état de fait : « l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance ». Je vous laisse y réfléchir, mais peut-être préférerez-vous la version d’Aristote qui disait « L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit ».

Cet effet se traduit très joliment par une courbe qui passe par le Mont stupide avant de sombrer dans la vallée du désespoir.

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Source inconnue : c’est repiqué de site en site

Finalement tant qu’il s’agit de chercher des boites en plastique, l’effet Dunning-Kruger fait plutôt sourire. Sauf que, évidemment, si vous vous mettez à la T5, vous pourriez suivre cette même courbe à votre insu. Et là le « DNF » peut être plus problématique quand il finit 20 mètres plus bas…

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Ryan McGuire – De là-haut, l’impression de savoir est plus problématique !


 

Devant votre ordinateur, vous préparez votre sortie du jour ! Cette cache en D5 et celle-ci en T5 ont l’air bien compliquées à trouver et le nombre de DNF commence à être considérable. Pourtant l’owner affirme que les boites sont toujours là. Voilà donc une mission pour vous ! Vous vous allez les trouver ces géocaches qui échappent à tout le monde. Et si vous étiez victime du biais d’optimisme ?

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Ryan McGuire – Mais si, ça passe ! 

Le biais d’optimiste est un mécanisme qui nous fait penser que nous avons plus de chances que les autres de trouver une issue favorable à une situation et moins de risques d’être exposé à un événement négatif.  C’est un phénomène très intéressant en gestion et en santé publique, d’où un grand nombre d’études que vous trouverez en suivant le lien ci-dessus. C’est un biais qui nous permet de tenter des choses, alors que la raison nous indiquerait de ne pas le faire, et donc parfois de … réussir ! Dans notre cas, vous allez être persuadé d’avoir plus de chance que la moyenne des géocacheurs de trouver ou d’atteindre la cache, ce qui vous fera tenter l’aventure et peut être revenir avec un DNF et de nombreux hématomes… ou un found-it dont vous serez fier ! Et vous avez raison, il faut essayer. 😉

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Ryan McGuire – Found it !


 

Vous arrivez devant petit arbre aux belles racines et pour vous il n’y a aucun doute ! La géocache est forcement dedans. Vous grattez, vous grattez… mais rien… Vous regardez rapidement tout autour, mais non, ces racines sont trop belles. Et vous repartez donc les ausculter. Et si vous étiez victime d’un biais d’ancrage ?

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Ryan McGuire – Je suis sûr que la cache est dans le lierre !

Le biais d’ancrage c’est quand votre première impression va bloquer votre raisonnement sur cette seule idée. Votre esprit sera focalisé sur cette première idée et fera abstraction des autres possibilités. Si vous partez inconsciemment sur le fait que la cache est au sol, il va vous être difficile de lever les yeux pour voir la boite accrochée juste au-dessus de votre tête.

Mais peut-être qu’au départ, votre biais d’ancrage est lié à une perception sélective ? La perception sélective, c’est quand notre expérience, notre éducation (géocachesque ;p), nos intérêts, etc.. Vont nous faire voir les choses d’une façon orientée. Si vous avez toujours trouvé des caches au sol, vous n’allez pas forcement prendre en compte que les branches de l’arbre se prêtent bien à la grimpe. Si, sur une série, vous avez déjà fait 10 caches dans les branches, vous allez peut-être rater la géocache qui se trouve à vos pieds.

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Ryan McGuire – La perception sélective emprisonne votre ouverture d’esprit


 

Voilà une heure que vous cherchez autour du spot et de ses fameuses racines… Une heure à tourner en rond, à ausculter chaque centimètre du spot, à retourner chaque caillou. Mais comme cela fait une heure que vous cherchez, vous n’allez pas vous arrêter là… Surtout que la cache était censée être tout prêt de la route, mais qu’en fait il vous a fallu 30 minutes pour venir jusqu’ici… C’est d’autant plus embêtant que vous avez plein de superbes caches au programme. Alors pas question d’abandonner après tout ce temps passé sur cette cache, malgré le fait que vous en ayez franchement ras le bol ! Et si vous étiez victime des coûts irrécupérables ?

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Ryan McGuire – Les coûts irrécupérables sont comme des flammes. Que l’on ait obtenu ou non ce que l’on veut, l’énergie utilisée est perdue.

Les coûts irrécupérables sont les sommes d’argent ou de temps investies dans un projet ou dans une action, mais qui, dans tous les cas, ne pourront être réutilisées/récupérées. C’est un biais fréquent en économie. Imaginez que vous invertissez dans le développement d’une technologie, mais que, pas de chance pour vous, la concurrence trouve une solution qui surpassera la vôtre. La sagesse serait d’abandonner immédiatement toutes les recherches et donc les investissements en temps et en argent. Il faut considérer l’argent et l’énergie investis comme perdus et se poser la question de l’investissement futur comme si ces dépenses n’avaient jamais existé. Et bien, il y a de très nombreux cas historiques, comme celui du Concorde par exemple, qui prouve que l’on a tendance à vouloir terminer le programme de recherche alors que cela n’a plus aucun sens. Dans notre cas, le temps passé sur la cache n’est pas récupérable (à l’inverse d’un apprentissage pouvant servir dans un autre projet par exemple). Il ne faut donc pas considéré le temps déjà passé pour faire le choix de poursuivre ou non la recherche, mais seulement l’éventuellement agacement présent et le programme prometteur futur.

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Ryan MacGuire – La trace sur votre GPS après 1h sur place


 

Après une belle journée à vous balader sur une agréable série, vous reprenez votre voiture. À côté de vous est garée une voiture à la plaque 123 GC 564; sur la route vous suivez un camion où sont indiquées en gros des coordonnées GPS; la camionnette que vous doublez arbore un gros smiley souriant… et bien sûr vous rapprochez tous ces éléments de votre activité préférée ! La nuit, vous rêvez de GPS et de camouflage ? Et si vous étiez victime de l’effet Tétris ?

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Ryan McGuire – Found it ?

L’effet Tetris c’est quand on consacre beaucoup de temps à une activité et que celle-ci modifie les pensées et les images mentales. Vous allez voir votre environnement avec le prisme de vos centres d’intérêt. Et si vous voyez un tas de pierres et quelques morceaux de bois entassés, votre cerveau va vous faire vous demander s’il n’y aurait pas une géocache là dessous.


 

Vous avez trouvé trouvé pas mal de caches aujourd’hui et vous en félicitez ! Vous êtes un bon géocacheur, à n’en point douter ! Aucune cache bien posée ne vous résiste ! Oui, mais voilà, il y avait bien cette cache aujourd’hui qui vous a résisté. Vous savez qu’elle était là, mais les coordonnées étaient certainement off, ou le précédent géocacheur l’aura mal replacée voire même enterrée, ou c’est votre GPS qui vous aura fait chercher au mauvais endroit. Autant de causes qui ne peuvent pas être retenues contre vous. Et si vous étiez victime du biais d’autocomplaisance ?

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Ryan McGuire – Mais oui, c’est vous le meilleur…

Le biais d’autocomplaisance, c’est quand on attribue les succès à ses propres qualités, mais ses échecs à des causes externes. GPS mal calé, cache déplacée par un géocacheur, volée par des moldus, etc., etc. Tout cela permet à notre cerveau de maintenir une vision positive de soi. Et bien sûr, ça marche dans l’autre sens également : si vous avez trouvé cette cache c’est évidemment que vous êtes très doué, mais pas du tout parce que l’owner a voulu faire une cache simple ou que le camouflage commence à vieillir. On peut rapprocher ce biais de celui d’égocentrisme.


 

Au cours de votre périple, vous allez poser une cache sur un spot que vous avez repéré. C’est une bûche creuse que vous avez vidée avec amour. Elle fera un camouflage parfait qui ravira les futurs géocacheurs qui passeront sur votre cache. Petit hic, depuis le début de la journée vous avez déjà trouvé trois autres bûches creuses. Bon, évidemment, elles ne lui arrivent pas à la cheville (blague.. oui, c’est tellement drôle qu’il faut que je précise). Celle-ci n’est pas creusée bien droite, celle-là à une fermeture un peu faiblarde et la troisième n’est pas assez discrète. Heureusement que vous êtes là pour placer des vraies belles bûches. Et si vous étiez victime de l’effet Ikea ou de l’effet de dotation ?

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Ryan McGuire – C’est moi qui l’ai fait !!!

L’effet Ikea est le fait d’attribuer une valeur disproportionnée aux produits que l’on a créés. Le nom vient évidemment de la célèbre chaîne de meubles suédois. Même mal fichus ou avec des pièces manquantes, il y a un certain attachement aux meubles en kit. Des études montrent que plus on s’y investit, plus on aime le résultat. Ceci est d’autant plus vrai que l’on a travaillé seul sur le projet. C’est un effet extrêmement bien documenté et fascinant, car il touche grandement au marketing. Le concept ne concerne pas que les meubles à monter ou les bûches creusées, l’effet concerne également les idées que l’on a eues. Aussi cette superbe idée de multi aux questions tarabiscotées que personne ne comprend, vous l’aimez, vous. C’est simplement dommage que vous soyez le seul. 😉

L’effet de dotation c’est quand on attribut plus de valeur à un bien ou à un service qui nous appartient. Ainsi il est fort probable que votre cache et, de fait, d’autant plus si vous l’avez construit vous même, trouve plus de grâce à vos yeux que les autres qui lui sont équivalentes. L’effet de dotation est, par exemple, fréquent chez les gens qui vendent leur maison. Ceci peut aussi expliquer que votre Travel Bug a plus de valeur que celui des autres et qu’il vous sera pénible de vous en séparer, même lors d’un échange « équitable ».


Vous voici prêt a faire une faire cache d’un poseur renommé pour la qualité de ses caches. Tiens encore une bûche creuse (décidément, c’est la saison) ! Mais quelle beauté celle-ci, c’est certainement la plus belle que vous ayez jamais vu… Bon, à part les vôtres bien sûr, vous le savez bien maintenant. Mais finalement ce n’est jamais que votre 4e bûche creuse de la journée, vous emballez peut-être un peu ? Et si vous étiez victime de l’effet de halo ?

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Ryan McGuire – Votre héros ! Le géocacheur masqué !

L’effet de halo que l’on appelle également effet de notoriété ou de contamination va perturber votre perception des choses ou des gens. Si tout le monde vous dit que cette cache ou ce poseur est génial, vous allez-y aller avec un à priori positif qui va influer votre ressenti des choses. Mais attention l’inverse existe aussi et si vous allez faire la cache d’un géocacheur à la mauvaise réputation, sa cache vous semblera certainement moins bonne qu’elle ne l’est en réalité. C’est un effet qui est bien documenté dans le cadre de la scolarité où l’effet s’appelle ici l’effet pygmalion et l’effet golem pour son inverse. Si le professeur est persuadé que l’élève est bon, il lui mettra une meilleure note à travail égal par rapport aux autres étudiants.


Alors à la lecture de tout cela allez-vous arrêter le géocaching ? Et bien à priori non ! Et si vous étiez victime des effets des coûts irrécupérables, de l’effet d’objectif progressif et de l’effet d’envie de complétion.

L’effet des coûts irrécupérables, nous l’avons déjà vu à l’échelle d’une cache, mais cela fonctionne aussi à l’échelle d’une activité : plus vous avez investi de temps, d’énergie et d’argent dans une activité et moins vous aurez tendance à l’arrêter, même si cela ne correspond pas forcement à ce que vous voulez encore faire. Peut être voudriez-vous vous consacrer à corps perdu dans la pétanque artistique sur glace, mais il va vous être difficile de vous dire que vous avez passé beaucoup de temps à géocacher « pour rien ». Toutefois, le temps passé et l’argent dépassé sont des coûts irrécupérables qui ne doivent pas intervenir dans le choix ou non d’abandonner le géocaching au profit de la pétanque artistique, qu’elle soit sur glace ou en bac à sable.

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Ryan McGuire – Votre nouvelle passion ?

L’effet d’objectif progressif, c’est le biais qui nous pousse à aller jusqu’à l’étape suivante dans le jeu. Compléter les régions françaises, avoir les nouveaux souvenirs, gagner le badge diamant des évents, remplir sa matrice, terminer le challenge des 360 degrés, arriver à 10 000 caches, etc., etc. Ce ne sont pas les objectifs qui manquent, et finalement il y en a tellement qu’il y en a toujours un à portée de la main.

L’effet d’envie de complétion c’est… je ne sais pas trop… en fait je n’ai pas réussi à trouver le nom de ce biais. C’est par ce biais que notre cerveau va essayer de nous faire terminer quelque chose. Ce biais a été étudié pour le jeu Tétris où l’on explique, entre autres, la dépendance par le besoin pour notre cerveau de ranger toutes les briques et de terminer la tâche. Tâche impossible à finir, évidemment. Et bien je vois un peu le géocaching ainsi : c’est très agaçant d’avoir une carte des icônes de toutes les couleurs au milieu de nos smileys jaunes et franchement cela donne une sensation d’inachèvement qui nous pousse à continuer. Et bien sûr la tâche est infinie.

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Ryan McGuire – Tant de smiley jaune a entretenir !

 

Des biais cognitifs et autres ressorts psychologiques, il y en a encore énormément en relation avec le géocaching. Je n’ai fait là que brosser une rapide esquisse et je suis sûr que vous en trouverez d’autres. Mais je souhaitais que le texte reste relativement court. Si je genre d’article vous plaît, n’hésitez pas à me l’indiquer, il y a de quoi poursuivre les investigations dans d’autres voies de la psychologie et du neuromarketing. Mais au fait, vous retrouvez-vous dans certains de ces biais ?

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Ryan McGuire – En connaissant un peu les biais, on peut parfois éviter de se retrouver dans l’impasse.

3 réflexions sur “Géocaching, psychologie et biais cognitifs

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